Image diffusée par la Nasa montrant une vue entièrement éclairée de la Lune, y compris le bassin Orientale et des parties de la face cachée invisibles depuis la Terre, le 6 avril 2026 ( NASA / Handout )
Des cratères lunaires méconnus, un coucher et un lever de Terre et une éclipse solaire: après un survol de la Lune riche en moments forts, les quatre astronautes d'Artémis sont mardi sur le chemin du retour vers la Terre.
"Nous reviendrons", a lancé Christina Koch, exploratrice chevronnée qui entre dans les livres d'histoire comme la première femme à survoler la Lune, en ajoutant: "nous serons sources d'inspiration, mais nous choisirons toujours la Terre".
Le président américain Donald Trump les a appelés pour les féliciter chaleureusement.
"Aujourd'hui vous êtes entrés dans l'histoire et vous avez rendu toute l'Amérique vraiment fière, incroyablement fière", a-t-il lancé aux Américains Reid Wiseman, Victor Glover et Christina Koch ainsi qu'au Canadien Jeremy Hansen, qui non seulement viennent de réaliser le premier vol autour de la Lune depuis 1972, mais sont allés plus loin dans l'espace qu'aucun humain avant eux, à plus de 406.000 km de la Terre.
Collés aux hublots pendant près de sept heures, ils ont bénéficié d'une perspective inédite pour observer la Lune, plus élevée (6.500 km) que la vue plus écrasée de leurs prédécesseurs d'Apollo à une centaine de km.
Découvrant avec émerveillement les paysages lunaires, ils ont livré d'innombrables descriptions des reliefs ou encore des ombres brunes et verdâtres des cratères et du sol lunaires.
"On voit un très beau double cratère. On dirait un bonhomme de neige", a dépeint le pilote Victor Glover, devenu lui le premier astronaute noir à participer à une mission lunaire. "C'est vraiment difficile à décrire. C'est incroyable".
Image tirée d'une diffusion en direct de la Nasa montrant le vaisseau spatial Orion de la mission Artémis 2 s'approchant de la Lune, le 6 avril 2026 ( NASA / Handout )
Les astronautes ont observé des régions de la face cachée qui "n'étaient jamais apparues illuminées lors des missions Apollo", a confié à l'AFP, à la fin de cette journée historique, Jenni Gibbons, l'astronaute canadienne qui a assuré lundi toutes les communications avec l'équipage depuis la salle de contrôle de la Nasa à Houston.
"Certaines des caractéristiques qu'Artemis II a observées et décrites aujourd'hui, aucun œil humain ne les avait jamais vues", a-t-elle expliqué. "C'est la première fois que les caméras les plus sensibles au monde, à savoir les yeux humains, ont pu les observer".
- Lever de Terre -
Leur retour aura lieu vendredi au large de la Californie, où leur capsule Orion amerrira, ralentie par des parachutes.
La Nasa insiste sur l'importance scientifique de la mission. Le survol a été retransmis en direct et en très haute définition sur plusieurs plateformes comme Netflix et YouTube, grâce à des caméras GoPro installées à l'extérieur du vaisseau.
Au cours du survol, les astronautes sont passés pendant 40 minutes derrière la Lune, ce qui a coupé les communications, comme au temps d'Apollo.
Ils ont assisté à ce spectacle observé par quelques humains seulement dans l'histoire: un coucher et un lever de Terre. Ainsi qu'une éclipse où la Lune a bloqué le Soleil, digne de "science-fiction", s'est exclamé Victor Glover.
Image fournie par la Nasa et montrant le "Lever de Terre" photographié en décembre 1968 par l'équipage d'Apollo 8 ( NASA / Handout )
Ils comptaient notamment immortaliser le lever de Terre, comme en 1968 leurs prédécesseurs d'Apollo 8, les premiers à avoir tourné autour de la Lune, dans un cliché qui a bouleversé notre vision du monde.
"Je ne saurais trop insister sur l'ampleur de ce que nous avons appris aujourd'hui", a lancé en fin de journée Kelsey Young, responsable scientifique de la mission.
- Sur le sol en 2028? -
Le nouveau record de distance depuis la Terre pour des humains, 406.771 km, ne dépasse que de 6.000 km celui de l'équipage d'Apollo 13 en 1970, mais il a été célébré par la Nasa et le président Trump comme la preuve du renouveau du programme spatial habité américain - M. Trump promettant même Mars un jour.
TImage tirée d'une diffusion en direct de la Nasa montrant les membres d'équipage d'Artemis II, Jeremy Hansen, Christina Koch, Reid Wiseman et Victor Glover, en train de parler avec le président américain Donald Trump par téléphone à bord du vaisseau spatial Orion, le 6 avril 2026 ( NASA / Handout )
"Nous choisissons ce moment pour lancer un défi à notre génération et à la suivante, afin de nous assurer que ce record soit de courte durée", a lancé peu après le record Jeremy Hansen.
L'équipage en a également profité pour faire une demande spéciale: nommer deux cratères de la Lune, l'un en l'honneur de leur vaisseau, baptisé "Integrity" ("Intégrité"), et l'autre pour Carroll Taylor Wiseman, la femme décédée du commandant. Une demande qui a fait fondre en larmes l'équipage.
La journée avait commencé par un autre moment d'émotion, avec au réveil un message de Jim Lovell, pionnier des missions Apollo 8 et 13, enregistré quelques mois avant son décès en 2025.
"Je sais que vous allez être très occupés, mais n'oubliez pas de profiter de la vue", leur enjoignait l'astronaute. Dont acte.
Si cette mission et la suivante, l'an prochain, se déroulent bien, l'agence spatiale américaine prévoit de faire alunir des astronautes en 2028.

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